Exposé sur la parité

Présentation pour l’exposé sur la parité

Audrey Brun, décembre 2011

La parité «  petit aparté sur la parité »

« Quarante ans de Cinquième République prouvent, s’il en était besoin, que, sans mesure d’action positive, les femmes en France n’ont pas véritablement accès à la représentation politique. Quand liberté est laissée aux appareils partisans, ceux-ci montrent leur mauvais vouloir à organiser la mixité des investitures ».

Depuis 200 ans, la parité entre les hommes et les femmes n’a cessé de progresser

I : le principe de la parité

A : En quête de parité

  1. Des avancées certaines…….

1804 : Le Code civil donne aux femmes des droits civils mais leur refuse les droits politiques.

1893 : Octroi du droit de vote aux femmes en Nouvelle-Zélande, premier pays au monde à l’accorder ; la Grande-Bretagne (pour les femmes de plus de 30 ans jusqu’en 1928) , la Suède et l’Allemagne l’accordent en 1918, le Canada et les Pays-Bas en 1919, les É tats-Unis en 1920 (quelques États l’avaient déjà adopté avant ).

21 avril 1944 : L’ordonnance d’Alger accorde le droit de vote aux femmes françaises.

27 octobre 1946 : Le préambule de la constitution proclame : « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme » (art.3) .

La question des droits des femmes est prise en compte par les socialistes au pouvoir et le Gouvernement de mai 1981 comprend 5 femmes puis 6 en 1983 (14 %) dont Madame Yvette Roudy, Ministre des droits de la femme1. Celle-ci entend faire des Françaises des « citoyennes à part entière »Il n’en reste pas moins que la place des Françaises dans la sphère politique n’a guère évoluée.
  1. La bascule de 92 :

Au début des années 1990 : la France demeure, avec la Grèce, la “lanterne rouge”

Le 7 mars 1993 au Sénat, l’Assemblée des Femmes, crée en 1992 par Yvette ROUDY ancienne Ministre et qui a objectif la promotion des femmes en politique, en collaboration avec d’autres associations lancent un appel aux États Généraux des Femmes3 et de la politique en France et en Europe pour 1994.

« Nous demandons d’ores et déjà aux responsables politiques de droite comme de gauche d’inscrire la parité dans les textes et dans les faits. Elle doit être un principe de notre Constitution relayé par une loi et des décrets d’application ».

1995 : création de l’observatoire de la parité entre les hommes et les femmes

  • Analyse des inégalités entre sexes dans le secteur politique économique et social

Il a été successivement présidé par Mmes Roselyne Bachelot, Catherine Génisson et par Mme Marie-Jo Zimmermann, députée de Moselle et présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale.

B : la révolution « constitutionnelle » et ces suites

  1. Révision constitutionnelle

Le Conseil constitutionnel ayant censuré à plusieurs reprises des textes obligeant à placer des hommes et des femmes à parité sur des listes de candidats à une élection, les parlementaires, le gouvernement. et le président de la République ont décidé de réviser la constitution pour rendre possibles de telles dispositions.

La constitution permet donc désormais au législateur d’encourager l’accès des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives, et donne mission aux partis d’y contribuer. Ce texte ne concerne que le domaine politique car le préambule de 1946 permettait déjà au législateur d’oeuvrer en faveur des femmes dans le domaine économique et social.

«  8 juillet 1999 : Une révision constitutionnelle ajoute à l’article 3 de la Constitution de 1958 la disposition suivante « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives » et prévoit que les partis doivent « contribuer à la mise en oeuvre » de ce principe (art. 4) »

Cette révision autorise alors des réformes législatives qui rendront effective une meilleure représentation des femmes en politique.

  1. Les suites de la révision : loi du 6 juin 2000

Après cette révision, le parlement a adopté plusieurs textes d’application de ce principe, comme l’obligation de faire figurer autant de femmes que d’hommes, et de manière panachée, sur les scrutins de liste (municipales dans les communes de plus de 3 500 habitants, régionales, européennes, sénatoriales dans les départements élisant trois sénateurs ou plus) et des pénalités financières pour les partis ne présentant pas autant de candidats que de candidates aux scrutins uninominaux ’loi du 6 juin 2000.

6 juin 2000 : La loi sur la parité en politique module l’aide publique aux partis politiques en fonction de leur respect de l’application de la parité pour la présentation des candidats aux élections

.

II : la parité aujourd’hui

A : Un enjeu sociétal : L’importance du mode de scrutin

  1. Parité et scrutin proportionnel : ( chez nos voisins européen la plupart scrutin proportionnel)

Pour les élections municipales, régionales, européennes et sénatoriales dans les départements qui disposent d’au moins 4 sièges de sénateurs. Les partis sont contraints à présenter un nombre égal d’Hommes et de femmes candidats.

Election municipale : commune + 3500 hab

L’entrée massive des femmes dans les conseils municipaux constitue la principale avancée de loi 2000 La proportion de femmes élues conseillères municipalesdans toutes les communes de métropole est en effet passée de 21,7% en 1995 à 33% en 2001.

La proportion de conseillères municipales est :

  • 30,05% dans les 33 971 communes de – de 3 500 habitants alors

  • 47,5% dans les 2 587 communes de 3 500 habitants et plus (25,7% n 1995)

LOI 2007 : tendant à promouvoir l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives : listes appliquant une parité stricte. Les adjoints sont élus au scrutin de liste a la MA, sans panachage ni votre preferentie.

La « parité municipale 2007 » élargit plus encore la « parité 2000 » qui prévoyait que les listes devaient comporter trois femmes parmi les six premiers candidats.

Désormais, les listes doivent nécessairement alterner homme et femme

Aux élections municipales de 2008, CM Femmes 35 %.

Communes – 3 500 habitants, non soumises aux contraintes de la loi sur la parité, 32,2 % conseillères municipales, et les autres communes qui en comptent 48,5 %..

Election régionales et européennes

  • Les élections régionales de 1998 et les élections européennes de 1999 ont été organisées au scrutin de liste à la proportionnelle, sans aucune contrainte de parité.

ATTENTION têtes de listes se sont cependant efforcées d’introduire un certain équilibre hommes/femmes.

Elections 1998, les femmes = 25 % des conseillers régionaux

européennes de 1999 = 40,2 %

loi du 6 juin 2000, le scrutin pour les prochaines élections régionales qui doit avoir lieu à la proportionnelle à deux tours, aurait dû comporter une obligation de parité par tranche de six candidats, comme pour les municipales.

ATTENTION CHANGEMENT : Le texte sur lequel le Premier ministre a engagé la responsabilité du Gouvernement en application de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, au cours de la séance du mercredi 12 février 2003, modifie cet ordre en imposant l’alternance stricte de candidats de chaque sexe.

  • La loi du 6 juin 2000 prévoit aussi pour les élections européennes, obligation alternance stricte : quasiment 50/50 des hommes et des femmes au Parlement européen.

Attention obstacle géographique à sa généralisation :

Un tel système ne présente aucun problème pour les élections organisées à l’échelon national. Sa généralisation dans les scrutins locaux pourrait en revanche susciter des difficultés car elle est difficilement conciliable avec les équilibres géographiques ou la personnalité des candidats potentiels.

Enfin Depuis la loi du 31 janvier 2007, les membres de la commission permanente autres que le président sont élus au scrutin de liste, avec alternance paritaire, par le conseil régional.

Les élections sénatoriales si + 4 sénateurs

LOI 2000 :

Introduit la parité pour les élections sénatoriales à scrutin proportionnel et accroit la proportionnalité donc la parité en abaissant le seuil d’application aux départements qui disposent de trois sièges (contre5 avant)

Le premier bilande l’application de la loi aux élections sénatoriales du 23 septembre 2001 : tres +++ et 3 effets majeurs :

  1. Tout d’abord, le rééquilibrage des sexes est très net puisque parmi les cent-un sénateurs sortants, il n’y avait que sept femmes (soit 6,9 %), alors qu’il y en a vingt-deux (soit21,6 %) parmi les cent-deux nouveaux élus ou réélus ; le nombre de femmes a ainsi plus que triplé.

  1. Par ailleurs, l’arrivée des femmes a eu aussi un effet de rajeunissement, puisque la moyenne d’âge des femmes élues ou réélues est de 53,9 ans contre 59,3 ans pour les hommes.

  1. Enfin, la réforme a permis une véritable respiration démocratique en empêchant les ententes entre quelques élus importants en place qui additionnaient leur clientèle pour monopoliser le pouvoir.

LOI 2003modifie le mode de scrutin des sénateurs. Ainsi, le scrutin proportionnel concerne désormais les départements où 4 sénateurs et plus sont élus. (Soit les deux tiers des sénateurs) et réduit implicitement la parité en augmentant (de 3 à 4) le champ d’application du scrutin proportionnel pour les sénateurs d’un département qui comptent 4 sièges maximum (à la place de 5 et puis 3).

La réforme a permis une augmentation de 24 % des élues au Sénat composé de 343 sénateurs (nombre qui sera porté à 346 en 2010). La loi sur la parité permet en 2000, une première vague féminisation, à hauteur de 1/3 du sénat (renouvelable par tiers tous les trois ans).

Le Sénat passe de 5,6% d’élues en 1998 à 10,6% en 2001. => sup a l’AN

  1. Scrutin uninominal

Lors d’un scrutin uninominal, les candidats se présentent individuellement dans le cadre d’une circonscription. Il concerne les élections législatives, sénatoriales (dans les départements disposant de moins de 4 sièges) et cantonales. La réussite au premier tour est conditionnée par l’obtention d’une majorité absolue (plus de la moitié des suffrages exprimés) des voix. Faute d’avoir atteint ce seuil, un deuxième tour est organisé. Pour ce type de scrutin, le principe paritaire entre femmes et hommes ne s’applique pas directement.

Les élections cantonales

LOI 2007 : porte modification en introduisant la parité et introduit :

Le candidat et son remplaçant sont de sexe différent : institue un-e suppléant-e de sexe opposé aux candidat-e-s.

Selon l’Observatoire de la parité, 13,1% des nouveaux élus étaient des femmes, contre 9,8% en 2001 et 10,9% en 2004.

En 2008,il y a cinq femmes présidentes de conseil général : Anne d’Ornano (DVD – 14), Claude Roiron (PS – 37), Josette Durrieu (PS – 65), Marie-Françoise Pérol-Dumont (PS – 87) et Nassimah Dindar (UMP – 974), contre trois précédemment[3].

Reste qu’à l’issue des élections de 2008 : les conseillers généraux comptent toujours 87,7 % d’hommes pour 12,3 % de femmes alors que, par exemple, les conseils régionaux, désignés au scrutin de liste à la proportionnelle, ont permis l’élection de 47,6 % d’élues.

Election législatives :

la loi du 6 juin 2000 comporte des mesures en faveur de la parité aux élections législatives. Toutefois, elles ne sont qu’incitatives et non contraignantes. L’incitation se traduit par des pénalités financièresportant sur la première fraction de l’aide publique de l’Etat aux partis politiques, cette pénalité étant proportionnelle à l’écart entre le pourcentage de candidats et de candidates investis. Cependant, à la différence des scrutins de liste, la parité des candidatures n’est plus une obligation stricte. Les partis et groupements politiques ont en effet le choix soit de subir une pénalité financière, soit d’appliquer la parité des candidatures

La loi sur la Parité n’a eu aucun impact sur les législatives de juin 2002. Les femmes ne représentent que 74 des 577 députés, soit 12,8%. La France est le mauvais élève de l’Europe. En effet, juste devant la Slovénie et l’Italie, la France reste très loin de la Suède (45%) ou de l’Allemagne (31,6%).

À l’issue de ces élections, parmi les 577 députés, 233 seulement avaient un suppléant de sexe opposé. C’était le cas de 167 députés hommes sur 506, soit 33 % et de 66 députés femmes sur 71, soit 93 %.

Loi 31 janvier et Février 2007 : alourdit la sanction financièreet prévoit une diminution de 75% de l’écart à la moyenne des crédits accordés par l’État aux partis politiques pour leur financement

En ne respectant pas la loi sur la parité, lors des élections législatives de juin 2007, les partis politiques se sont privés de plus de 5 millions d’euros par an en investissant seulement 44,6% de candidates qui est un résultat meilleur qu’en 2002 (7 millions d’euros par an pour 38,8% de candidates).

Aujourd’hui si la parité progresse quantitativement à l’Assemblée nationale, avec 107 députées sur 577, par contre les postes à responsabilités restent réservés à des hommes.

Toutes les commissions, tous les groupes ou délégations ont un homme président, à l’exception de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes (composée à de plus de 80% par des femmes – Marie-Jo Zimmermann (UMP) présidente).
Le bureau de l’Assemblée reste lui-même très masculin avec 2 femmes élues sur 12 membres : Catherine Génisson (PS – vice-présidente) et Marylise Lebranchu (PS – questeur)
13

Les élections sénatoriales de moins de 4 sénateurs.

LOI juillet 2000 : prévoyaient d’appliquer le scrutin majoritaire ( 2 sénateurs max).+ scrutin proportionnel de liste (à partir de 3 sièges).

La loi 2003modifie le mode de scrutin des sénateurs. Ainsi, le scrutin majoritaire (3 sénateurs max )

Depuis la loi du 30 juillet 2003, 180 sénateurs(soit 52 %) sont élus au scrutin proportionnel plurinominal, sans panachage ni vote préférentiel, dans les 30 départements élisant 4 sénateurs ou plus et 168 sénateurs (soit 48 %) sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans les 70 départements élisant 3 sénateurs ou moins. La Nouvelle-Calédonie et les quatre collectivités d’outre-mer élisent aussi leurs sénateurs via ce mode de scrutin. Lors des derniers renouvellements du Sénat, les départements élisant leurs représentants suivant ce mode d’élection ont vu seulement 2 femmes élues sur 28 en 2001, 2 sur 45 en 2004 et 7 sur 74 en 2008.

La réforme du scrutin des sénatoriales de 2003 a potentiellement privé les candidates de 5 investitures en 2004 et de 8 en 2008, ce qui aurait permis de voir siéger 88 élues, au lieu de 75 en 2008, soit 25,7% au lieu de 21,9%

les élections municipales dans les communes de moins de 3.500habitants

Article L252 : «  Les membres des conseils municipaux des communes de moins de 3500 habitants sont élus au scrutin majoritaire ».

Article L254 : « L’élection des membres du conseil municipal a lieu au scrutin de liste pour toute la commune ».

90 % des communes, les conseillers municipaux sont élus au scrutin majoritaire. Même si la loi sur la parité ne s’applique pas dans ces petites communes, on constate un léger effet d’entraînement puisque le nombre de conseillères municipales est passé de 21 % en 1995, à 30 % en 2001, puis 32,2% en 2008. Parallèlement, la part du nombre de femmes maires a atteint 14,2 % en 2008, alors qu’elle n’était que de 7,8 % en 1995.

  1. Victime collatérale de la réforme des collectivités territoriales

La réforme territoriale => ne fait pas davantage de place aux femmes.

Alors que le scrutin de liste pour les élections régionales avait contraint les partis politiques à la parité, cette réforme prévoit que les conseillers territoriaux, qui remplaceront en 2014 les conseillers généraux et régionaux, seront élus selon un scrutin uninominal à deux tours. Un mode de scrutin qui demeure un obstacle à une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes. Le choix de ce mode de scrutin a suscité un tollé au sein de plusieurs partis.

Le PCF, comme le Front national ou le MoDem considèrent que l’abandon de la proportionnelle vise à favoriser les plus gros partis, et plus particulièrement l’UMP. Selon ces formations, l’objectif est de mettre un frein à la constante érosion de la présence du parti présidentiel dans les conseils régionaux et généraux. « En changeant les règles de représentativité des collectivités territoriales dans un but politique, Nicolas Sarkozy remet en cause les règles de la parité, regrette Hermeline Malherbe, présidente du conseil général des Pyrénées-Orientales (divers gauche). Ce n’était probablement pas la volonté initiale de ceux qui ont pensé cette loi, mais cela sera une des conséquences de ce choix. »

B : un véritable enjeu politique

  1. UMP : Fillon veut frapper les partis au portefeuille

Hostile au scrutin proportionnel, François Fillon s’est dit vendredi, lors de la conclusion des Etats généraux de la femme, à Paris, « favorable à un renforcement très dur des pénalités financières pour les partis politiques qui ne respectent pas la parité« . Avec un argument simple : « On préfère payer quand c’est encore possible de le supporter. Lorsque cela ne le sera plus, je suis convaincu que c’est l’ensemble des partis politiques qui progresseront dans ce domaine« .

Pourquoi se focaliser ainsi sur les partis ? Tout simplement parce que la France est en mauvaise posture. Avec 15% d’élues au Parlement, la France se situe à la 18e place sur 27 dans l’Union européenne. Deux femmes ont été élues présidente de région en mars, dont la socialiste Ségolène Royal, qui avait accédé en 2007 au second tour de l’élection présidentielle – une première en France. « C’est au sein des partis politiques que ce combat doit être conduit« , a insisté le Premier ministre, qui a apporté son soutien à une proposition de loi durcissant les sanctions préparée par la députée UMP Chantal Brunel.

  1. L’état-major socialiste interpellé sur les investitures pour les législatives :

ARNAUD Montebourg est  » inquiet « . Il craint, explique-t-il au Monde, que le Parti socialiste ne reprenne ses  » mauvaises habitudes « . Alors il a décidé de  » faire monter la pression « . Et pour cela d’adresser à Martine Aubry, lundi 7 novembre, une lettre qui se lit comme une sommation.

Dans ce courrier de 2 pages, le secrétaire national du PS à la rénovation rappelle à la première secrétaire l’ambition que le parti s’est fixée en vue des élections législatives de juin 2012 :  » éviter qu’ – il – ne se fige dans une image d’une représentation parlementaire excessivement monopolisée par des élus sexagénaires et masculins « 

Mme Lenfant, que  » le problème n’est pas seulement celui du nombre total de candidates mais celui de la parité effective, c’est-à-dire du nombre de femmes qui seront élues « . (la secrétaire nationale adjointe aux droits des femmes, Gaëlle Lenfant,) => les circonscriptions réservées aux femmes sont réputées difficiles. C’est notamment le cas dans les Yvelines et dans le Val-de-Mar

  1. Eva Joly,

candidate EELV à la présidentielle, a signé mardi le « pacte pour l’égalité » entre les sexes lancé par un réseau féministe, déjà signé par l’ensemble des candidats à la primaire PS dont le vainqueur, François Hollande.

Ce « pacte pour l’égalité », rendu public le 3 mars, par le réseau « Laboratoire de l’Egalité » a été lancé à tous les candidats à l’élection présidentielle.

Il prévoit notamment une suspension du financement des partis qui ne respectent pas la parité

« Et pour finir sur une touche personnelle….je pense que les femmes ne devraient pas avoir besoin de lois pour s’imposer, en politique et ailleurs ….

Et je pense que si les femmes sont moins représentées en politique c’est juste car elles sont moins présentes en politique »

La parité

Edith Alauzet

Janvier 2011

La parité

La Parité

  1. …vers la parité
  1. Comme le soulignait Françoise Giroud « il faudra au moins une génération pour que l’écart entre les hommes et les femmes se réduise ».
  1. La question des droits des femmes est prise en compte par les socialistes au pouvoir et le Gouvernement de mai 1981 comprend 5 femmes puis 6 en 1983 (14 %) dont Madame Yvette Roudy, Ministre des droits de la femme1. Celle-ci entend faire des Françaises des « citoyennes à part entière »Il n’en reste pas moins que la place des Françaises dans la sphère politique n’a guère évoluée.

Aux législatives successives 1978, 1981, 1986, 1988, 1993 et 1997, le pourcentage de candidates n’ai jamais inférieur à 10%, pic en 1986 à 26,5% (23% en 97). Le pourcentage d’élues en AN oscille entre 5 et 6% même si en 1997 les femmes représentent 10,9%. Ainsi en un mot comparant, l’Assemblée nationale compte en 1981 5,3% de femmes députées et 6% en 1993 alors qu’elles étaient déjà 6,8% en novembre 1946.

En 1982 le Conseil Constitutionnel, se fondant sur le principe de l’égalité, invalide l’amendement proposant une forme de quota d’un quart de représentants de “l’autre sexe”2 à la loi électorale pour les élections municipales.

Au début des années 1990 : la France demeure, avec la Grèce, la “lanterne rouge”

A- Le Débat s’ouvre en 1992

Le 7 mars 1993 au Sénat, l’Assemblée des Femmes, crée en 1992 par Yvette ROUDY ancienne Ministre et qui a objectif la promotion des femmes en politique, en collaboration avec d’autres associations lancent un appel aux États Généraux des Femmes3 et de la politique en France et en Europe pour 1994.

Elle n’hésite pas à relever qu’en France, la politique est un monopole masculin, que l’exclusion des femmes contribue à la crise des partis et au rejet de la politique elle-même, et de conclure : « il est temps que les femmes accèdent à parité dans les lieux de décision politique et les assemblées élues, c’est-à-dire en nombre égal aux hommes Aujourd’hui, le mouvement des femmes se mobilise pour faire valoir ce droit. Nous demandons d’ores et déjà aux responsables politiques de droite comme de gauche d’inscrire la parité dans les textes et dans les faits. Elle doit être un principe de notre Constitution relayé par une loi et des décrets d’application ».

En 1994, les États Généraux des femmes et de la politique se réunissent à quelques jours du cinquantenaire du droit de vote et, par là-même, de l’éligibilité des Françaises. A cette occasion, Le Président (F. Mitterrand) prend acte de la mobilisation des femmes dans la poursuite de leur conquête des droits politiques. Il s’agit également de saluer le combat mené depuis la révolution qui a permis à de nombreuses femmes d’accéder aux mandats et à la chose publique.

Il entend aussi que leur nombre trop faible de femmes élues, en 1994, légitime à lui seul de réfléchir à des initiatives pour surmonter les derniers obstacles4.

  1. Dans la foulée, un décret du 18 octobre 1995 porte création d’un Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes5. Il comprend 33 membres. Ce dernier a pour mission l’identification, l’évaluation et l’analyse des inégalités entre les sexes dans les domaines politique, économique et social, la production et la diffusion de données sur la situation des femmes aux niveaux national et international, l’élaboration de propositions, recommandations et avis tendant à promouvoir la mise en œuvre de la parité entre les femmes et les hommes. Il a été successivement présidé par Mmes Roselyne Bachelot, Catherine Génisson et par Mme Marie-Jo Zimmermann, députée de Moselle et présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale.

En 1996, le “Manifeste des dix pour la parité”, publié dans l’express le 6 juin, signé par des femmes politiques de droite et de gauche ainsi qu’un sondage l’IFOP montrent qu’une majorité de la population est favorable à la parité et retient les mots du président : «  C’est d’abord à vous qu’il revient d’écrire les pages suivantes de cette conquête politique mais je vous voulais vous assurer de mon soutien ». Par ce texte les dix préconisent notamment une politique volontariste des partis, du gouvernement et des associations féminines conjugués. Cet engagement pourrait se traduire en particulier par l’adoption d’un scrutin proportionnel, même partiel pour les législatives, la limitation drastique du cumul des mandats et des fonctions qui garantirait un meilleur partage et exercice du pouvoir et, qui permettrait au-surplus de dégager plusieurs milliers de sièges. Enfin l’Assemblée des femmes prône un financement des partis politiques en fonction du respect de la parité de leurs instances dirigeantes et de leurs élus. Mais il ne s’agit pas, non plus, de négliger les nominations volontaires à des postes de responsabilité, ces dernières chacun le sait dépendent de l’état6.

A la fin des années 1990, dans la classe politique les réticences sont plus marquées à droite qu’à gauche. Ainsi, pour les législatives de 1998, les socialistes décident de réserver un tiers des circonscriptions à des femmes, le nombre de femmes députées aux élections anticipées de 1997 dépasse 10% et le gouvernement Jospin intègre bon nombre de femmes.

B – La parité : un principe constitutionnel

Une révision constitutionnelle est adoptée le 8 juillet 1999 avec deux amendements aux articles 3 et 4 de la Constitution de 1958 : l’article 3 est complété par l’alinéa : la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives et l’article 4 est aussi complété par un alinéa précisant que “ils (les partis politiques) contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au dernier alinéa de l’article 3 dans les conditions déterminées par la loi7

Cette révision autorise alors des réformes législatives qui rendront effective une meilleure représentation des femmes en politique.

  1. II- Parité…mais presque » : le mode de scrutin.

La parité signifie la représentation égale entre deux groupes, et en l’occurrence la répartition égale entre les hommes et les femmes, qui sont à part égale dans notre société et se partagent l’humanité. Son introduction dans la loi vise à remédier à l’insuffisance du bilan de l’éligibilité des femmes.

En janvier 2000, le gouvernement propose un projet tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. Cette loi prend en considération la disparité « politique » et le déficit de représentation des femmes. Ainsi il dépose le projet de loi tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives

Dans une décision du 30 mai 2000 le Conseil a constaté que l’intention claire du constituant, telle qu’elle ressort des débats parlementaires préalables à l’adoption de la loi constitutionnelle du 8 juillet 1999, a été non d’obliger mais d’autoriser le législateur à instaurer des règles contraignantes quant à l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux lorsque le mode de scrutin se prête à une telle réglementation.

In fine, la loi « la parité » du 6 juin 2000 contraint les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes pour les élections régionales, municipales (dans les communes de 3 500 habitants et plus), sénatoriales (à la proportionnelle) et européennes. Elle prévoit aussi de pénaliser financièrement les partis ou groupements politiques qui ne respectent pas le principe de parité lors de la désignation des candidats pour les élections législatives.

A – Parité, effets et scrutin proportionnel

Pour les élections municipales, régionales, européennes et sénatoriales dans les départements qui disposent d’au moins 4 sièges de sénateurs. Les partis sont contrariants à présenter un nombre égal d’Hommes et de femmes candidats.

  1. Les élections municipales dans les communes de plus de 3.500 habitants

La Loi n°2007-128 du 31 janvier 20078 tendant à promouvoir l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives – art. 2 JORF 1er février 2007 prévoit en son article  2 elle prévoit que les candidats aux élections municipales (à compter de mars 2008) doivent figurer sur des listes appliquant une parité stricte.

La « parité municipale 2007 » élargit plus encore la « parité 2000 » qui prévoyait que les listes devaient comporter trois femmes parmi les six premiers candidats.

Désormais, les listes doivent nécessairement alterner homme et femme :

l’article. L. 264 du Code électoral : « …Une déclaration de candidature est obligatoire pour chaque tour de scrutin. La liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe ».

l’article . L. 2122-7-2 du Code Général des Collectivités Territoriales : « Dans les communes de 3 500 habitants et plus, les adjoints sont élus au scrutin de liste à la majorité absolue, sans panachage ni vote préférentiel. Sur chacune des listes, l’écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un ».

La loi de 2000, a permis de faire passer le pourcentage de femmes dans les conseils municipaux de 21,7% en 1995 à 33% en 2001. Le nombre de femmes élues maires a progressé mais reste faible (11,9% au total) même s’il est plus important dans les grandes villes (13,9% pour les villes de plus de 100 000 habitants)9.

La loi de 2007 impose pour les municipales de 2008 une stricte alternance sur les listes et exige que la parité soit également respectée pour les adjoints au maire. Aux élections municipales de 2008, le pourcentage de conseillères municipales était de 35 %. On peut noter une différence importante entre les communes de moins de 3 500 habitants, non soumises aux contraintes de la loi sur la parité, qui comptent 32,2 % de conseillères municipales, et les autres communes qui en comptent 48,5 %..

Il n’y a actuellement que 9,6% de femmes maires dans ces communes, contre 4,4 % en 1995 et dans les 2 464 communautés intercommunales, on compte à peine 136 présidences féminines (5,5 %), dont seulement 7 parmi les 176 communautés urbaines ou d’agglomération.

  1. Les élections régionales et les députés européens : toutes

La Loi n°2003-327 du 11 avril 2003 – art. 4 JORF 12 avril 200318 relative à l’élection des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen ainsi qu’à l’aide publique aux partis politiques, modifie les modes de scrutin des élections régionales et européennes. La loi introduit des sections départementales au sein des élections régionales et 8 régions pour les européennes, dont les listes doivent comporter une stricte alternance entre hommes et femmes.

Désormais, les listes doivent nécessairement alterner homme et femme

Article L338 ali 1 du code électoral : «  Les conseillers régionaux sont élus dans chaque région au scrutin de liste à deux tours sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l’ordre de présentation.».

Article L346 ali 1 : « Une déclaration de candidature est obligatoire pour chaque liste de candidats avant chaque tour de scrutin. Le nombre de candidats…. Au sein de chaque section, la liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe ».

Article 9 de la Loi n°77-729 du 7 juillet 1977 relative à l’élection des représentants au Parlement européen Modifié par Loi n°90-55 du 15 janvier 1990 – art. 17 (V) JORF 16 janvier 1990
Modifié par
Loi n°2003-327 du 11 avril 2003 – art. 17 JORF 12 avril 2003 : « La déclaration de candidature résulte du dépôt au ministère de l’intérieur d’une liste dont le nombre de candidats … Le nombre de candidats par circonscription est égal au double du nombre de sièges à pourvoir dans la circonscription. La liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe ».

La loi du 11 avril 2003 a permis une très forte féminisation des assemblées des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen.

Ainsi ont pu être élues 43 % de femmes au Parlement européen. En 1998, le pourcentage de femmes élues conseillères régionales était de 27,5 % et il y avait 20 % de vice-présidentes.

Désormais 47,6 % des conseillers régionaux sont des femmes et elles représentent 36,3 % des exécutifs, elles obtiennent des vices présidence à quasi égalité avec les hommes, même si il nous faut noter qu’en 2010, seules deux femmes occupent la fonction : Ségolène Royal en Poitou-Charentes et Marie-Marguerite Dufay en Franche-Comté10.

Enfin Depuis la loi du 31 janvier 2007, les membres de la commission permanente autres que le président sont élus au scrutin de liste, avec alternance paritaire, par le conseil régional. Chaque conseiller régional ou chaque groupe de conseillers peut présenter une liste de candidats. Favorisant ainsi la représentions paritaire dans chaque section du pouvoir délibérant et du pouvoir exécutif du conseil régional, probablement le meilleur élève.

  1. Les élections sénatoriales de 4 sièges et plus.

La Loi n°2000-641 du 10 juillet 2000 – art. 11 JORF 11 juillet 2000 introduit la parité pour les élections sénatoriales à scrutin proportionnel et accroit la proportionnalité donc la parité en abaissant le seuil d’application aux départements qui disposent de trois sièges (contre5)

Article L300 ali 1 : « Dans les départements où les élections ont lieu à la représentation proportionnelle, chaque liste de candidats doit comporter deux noms de plus qu’il y a de sièges à pourvoir. Sur chacune des listes, l’écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un. Chaque liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe ».

Article L295 : « Dans les départements qui ont droit à trois sièges de sénateurs ou plus, l’élection a lieu à la représentation proportionnelle… ».

LaLoi n°2003-697 du 30 juillet 2003 – art. 6 JORF 31 juillet 2003 modifie le mode de scrutin des sénateurs. Ainsi, le scrutin proportionnel concerne désormais les départements où 4 sénateurs et plus sont élus. (Soit les deux tiers des sénateurs) et réduit implicitement la parité en augmentant (de 3 à 4) le champ d’application du scrutin proportionnel pour les sénateurs d’un département qui comptent 4 sièges maximum (à la place de 5 et puis 3).

Article L295 – « Dans les départements où sont élus quatre sénateurs ou plus, l’élection a lieu à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel ».

La réforme a permis une augmentation de 24 % des élues au Sénat composé de 343 sénateurs (nombre qui sera porté à 346 en 2010). La loi sur la parité permet en 2000, une première vague féminisation, à hauteur de 1/3 du sénat (renouvelable par tiers tous les trois ans).

Le Sénat passe de 5,6% d’élues en 1998 à 10,6% en 2001. Il dépasse même le taux de féminisation de l’Assemblée nationale en 2004, puis en 2008 (16,9% contre 12,3% en 2004 et 21,9% contre 18,5% en 2008). Pour 2010 : 79 Sénatrices sur un total de 342 sénateurs soit 23.1 %11.

B – Parité, effets et scrutin uninominal

1- Les élections cantonales

La Loi n°2007-128 du 31 janvier 2007 – art. 4 JORF 1er février 2007 porte modification en introduisant la parité.

L’Article L210-1 : « Tout candidat à l’élection au conseil général doit obligatoirement, avant chaque tour de scrutin, souscrire une déclaration de candidature … à la désignation du remplaçant. Le candidat et son remplaçant sont de sexe différent ».

La loi du 31 janvier 2007 institue un-e suppléant-e de sexe opposé aux candidat-e-s.

Selon l’Observatoire de la parité, 13,1% des nouveaux élus étaient des femmes, contre 9,8% en 2001 et 10,9% en 2004.[]

En 2008, il y a cinq femmes présidentes de conseil général : Anne d’Ornano (DVD – 14), Claude Roiron (PS – 37), Josette Durrieu (PS – 65), Marie-Françoise Pérol-Dumont (PS – 87) et Nassimah Dindar (UMP – 974), contre trois précédemment[3].

Rappel, En 1970, Évelyne Baylet : première femme présidente d’un conseil général du Tarn-et-Garonne[4].

Reste qu’à l’issue des élections de 200812, les conseillers généraux comptent toujours 87,7 % d’hommes pour 12,3 % de femmes alors que, par exemple, les conseils régionaux, désignés au scrutin de liste à la proportionnelle, ont permis l’élection de 47,6 % d’élues.

2- Les élections législatives

Loi n°2000-493 du 6 juin 2000 – art. 15 sur la parité prévoit une sanction financière pour les Partis ne présentant pas 50% de femmes aux législatives. C’est-à-dire lorsque l’écart entre le nombre de candidats de chaque sexe ayant déclaré se rattacher à ce parti ou groupement, lors du dernier renouvellement général de l’Assemblée nationale, dépasse 2 % du nombre total de ces candidats, le montant de la première fraction qui lui est attribué est diminué d’un pourcentage égal à la moitié de cet écart rapporté au nombre total de ces candidats.

Loi n°2007-128 du 31 janvier 2007 – art. 5 JORF 1er février 2007 alourdit la sanction financière et prévoit une diminution de 75% de l’écart à la moyenne des crédits accordés par l’État aux partis politiques pour leur financement.

Article 9-1 de la Loi n°88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique. : « Lorsque, pour un parti ou un groupement politique, l’écart entre le nombre de candidats de chaque sexe ayant déclaré se rattacher à ce parti ou groupement, lors du dernier renouvellement général de

l’Assemblée nationale, conformément au cinquième alinéa de l’article 9, dépasse 2 % du nombre total de ces candidats, le montant de la première fraction qui lui est attribué en application des articles 8 et 9 est diminué d’un pourcentage égal aux trois quarts de cet écart rapporté au nombre total de ces candidats ».

La loi sur la Parité n’a eu aucun impact sur les législatives de juin 2002. Les femmes ne représentent que 74 des 577 députés, soit 12,8%. La France est le mauvais élève de l’Europe. En effet, juste devant la Slovénie et l’Italie, la France reste très loin de la Suède (45%) ou de l’Allemagne (31,6%).

À l’issue de ces élections, parmi les 577 députés, 233 seulement avaient un suppléant de sexe opposé. C’était le cas de 167 députés hommes sur 506, soit 33 % et de 66 députés femmes sur 71, soit 93 %.

Aujourd’hui si la parité progresse quantitativement à l’Assemblée nationale, avec 107 députées sur 577, par contre les postes à responsabilités restent réservés à des hommes.
Toutes les commissions, tous les groupes ou délégations ont un homme président, à l’exception de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes (composée à de plus de 80% par des femmes – Marie-Jo Zimmermann (UMP) présidente).
Le bureau de l’Assemblée reste lui-même très masculin avec 2 femmes élues sur 12 membres : Catherine Génisson (PS – vice-présidente) et Marylise Lebranchu (PS – questeur)
13

En ne respectant pas la loi sur la parité, lors des élections législatives de juin 2007, les partis politiques se sont privés de plus de 5 millions d’euros par an en investissant seulement 44,6% de candidates qui est un résultat meilleur qu’en 2002 (7 millions d’euros par an pour 38,8% de candidates).

  1. Les élections sénatoriales de moins de 4 sénateurs.

Loi n°2000-641 du 10 juillet 2000 – art. 9 JORF 11 juillet 2000 prévoyaient d’appliquer le scrutin majoritaire aux départements qui élisent au maximum 2 sénateurs. Corrélativement, donc, le scrutin proportionnel de liste s’applique à partir de 3 sièges.

La loi n°2003-697 du 30 juillet 2003 – art. 6 JORF 31 juillet 2003 modifie le mode de scrutin des sénateurs. Ainsi, le scrutin majoritaire s’appliquera dans tous les départements qui élisent au max 3 sénateurs.

Article L294 : « Dans les départements où sont élus trois sénateurs ou moins, l’élection a lieu au scrutin majoritaire à deux tours ». A contrario, pour 4 sièges et plus, c’est la proportionnalité de liste.

Depuis la loi du 30 juillet 2003, 180 sénateurs (soit 52 %) sont élus au scrutin proportionnel plurinominal, sans panachage ni vote préférentiel, dans les 30 départements élisant 4 sénateurs ou plus et 168 sénateurs (soit 48 %) sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans les 70 départements élisant 3 sénateurs ou moins. La Nouvelle-Calédonie et les quatre collectivités d’outre-mer élisent aussi leurs sénateurs via ce mode de scrutin. Lors des derniers renouvellements du Sénat, les départements élisant leurs représentants

suivant ce mode d’élection ont vu seulement 2 femmes élues sur 28 en 2001, 2 sur 45 en 2004 et 7 sur 74 en 2008.

La réforme du scrutin des sénatoriales de 2003 a potentiellement privé les candidates de 5 investitures en 2004 et de 8 en 2008, ce qui aurait permis de voir siéger 88 élues, au lieu de 75 en 2008, soit 25,7% au lieu de 21,9%14.

4 – les élections municipales dans les communes de moins de 3.500habitants

Article L252 : «  Les membres des conseils municipaux des communes de moins de 3500 habitants sont élus au scrutin majoritaire ».

Article L254 : « L’élection des membres du conseil municipal a lieu au scrutin de liste pour toute la commune ».

Dans les communes de moins de 3.500 habitants, soit 90 % des communes, les conseillers municipaux sont élus au scrutin majoritaire. Au premier tour, la majorité absolue est requise ainsi que le quart des électeurs inscrits. Pour être élu au second tour, la majorité relative suffit. Les candidats se présentent en listes complètes (sauf pour les communes de moins de 2.500 habitants où les candidatures isolées et les listes incomplètes sont autorisées) et les suffrages sont comptabilisés individuellement. Même si la loi sur la parité ne s’applique pas dans ces petites communes, on constate un léger effet d’entraînement puisque le nombre de conseillères municipales est passé de 21 % en 1995, à 30 % en 2001, puis 32,2% en 2008. Parallèlement, la part du nombre de femmes maires a atteint 14,2 % en 2008, alors qu’elle n’était que de 7,8 % en 1995.

1 Elle occupe ces fonctions dans les trois gouvernements de Pierre Mauroy qui l’invite à être « un aiguillon pour l’ensemble du gouvernement », et dans le gouvernement de Laurent Fabius

2 Ce projet qui avait pour objectif d‘assurer plus d’égalité entre les sexes est déclaré caduc au nom même de l’égalité. La culture juridique française en réalité demeure imperméable à l’idée “d’action positive” même si en 1983 la France adhère à la convention de l’ONU sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes.

3http://www.assemblee-des-femmes.com/dossiers/parite.htm#combatLibération du 2 avril 1993 « Pour que la politique devienne l’affaire conjointe de celles et ceux qui constituent et gèrent la cité, nous appelons, dès aujourd’hui, à la préparation des États Généraux qui se tiendront, début 1994, dans l’esprit de la Charte européenne d’Athènes :  » Femmes au pouvoir  » ».

4 1944-1994 : 50ème anniversaire du droit de vote des Françaises– Lettre du Président de la République à l’Assemblée des Femmes

5http://www. Observatoire-parite.gouv.fr/

6 http://www.assemblee-des-femmes.com/dossiers/parite.htm#combat-Extrait de L’Express du 6 juin 1996 –

7 http://fr.wikipedia.org/wiki/Parit%C3%A9

8 http://www.legifrance.gouv.fr/rechTexte.do?reprise=true&page=1

9 http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/elections-municipales-ou-est-parite.html

10 http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pr%C3%A9sidents_des_conseils_r%C3%A9gionaux_en_France

11 79 Sénatrices sur un total de 342 sénateurs soit 23.1

12http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_g%C3%A9n%C3%A9ral_(France)#Mise_en_.C5.93uvre_de_la_parit.C3.A9_entre_les_femmes_et_les_hommes

13 http://www.observatoire-parite.gouv.fr/travaux/doc16/parite_assemblee_nationale.htm

14 http://www.observatoire-parite.gouv.fr/travaux/guide_modes_scrutin.htm

Financement électoral et mandataire financier

Financement électoral et mandataire financier

Denis Oztorun

Financement électoral et mandataire financier

Ce travail est surtout issu du dernier guide du financement électoral et du mandataire édité par la CNCCFP, le 14 avril 2010.

Toutes les élections du local à la nationale ont des couts importants. Les candidatas ou les groupes de candidats font des dépenses souvent avec des soutiens extérieurs. Dans le but de renforcer la démocratie en facilitant l’accès aux campagnes électorales du plus grand nombre la législation encadre le financement électoral lors des élections. Celle-ci instaure  un plafond des dépenses dans les circonscriptions électorales d’au moins 9000 habitants. Dans la limite de la moitié de ce plafond, les candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés (3 % pour les élections des représentants au Parlement européen et territoriales de Polynésie française) sont remboursées par l’État les dépenses qu’ils ont effectivement engagées pour l’obtention des suffrages et qu’ils ont réglées sur leurs fonds personnels.

En contrepartie les candidats doivent inscrire la totalité de leurs dépenses et de leurs recettes (les dons des personnes physiques et/ou les partis politiques. Les dons des personnes morales sont interdites) et en apportant les justificatifs nécessaires dans un compte de campagne.

Si une formalité substantielle n’est pas respectée, le compte de campagne peut être rejeté. Dans ce cas, le candidat ne peut prétendre à aucun remboursement et encourt le risque d’être déclaré inéligible par le juge de l’élection obligatoirement saisi par la commission.

Celle-ci a également l’obligation de procéder à la publication sommaire des comptes de campagne des candidats et d’établir un rapport sur le bilan de son contrôle. Afin d’assurer la transparence nécessaire sur le financement de sa campagne électorale le candidat doit désigner un mandataire qui gère son compte de campagne. Nous allons donc essayer d’analyser le système de désignation, les devoirs et le rôle du mandataire financier afin de voir dans une deuxième partie les modalités du financement électoral.

Des différentes règles spécifiques existent s’appliquant aux élections sénatoriales, municipales et cantonales ayant lieu dans les circonscriptions dont la population est inférieure à 9000 habitants mais aussi les présidentielles mais nous allons ici nous concentrer sur les élections – législatives, cantonales dans les cantons d’au moins 9000 habitants, municipales dans les communes d’au moins 9000 habitants, régionales, territoriales, provinciales, à l’Assemblée de Corse, des représentants au Parlement européen.

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1 – Le mandataire financier

1.1 La désignation et les devoirs du mandataire financier

Afin d’assurer la transparence financière, le candidat doit déclarer en préfecture un mandataire qui ouvrira un compte bancaire unique. Le candidat décide librement soit de nommer un mandataire, personne physique, soit de créer une association de financement électorale qui obéit au droit commun des associations de la loi de 1901, tout en respectant les règles spécifiques prévues par le Code électoral. Cette désignation doit se faire au plus tard le jour où la candidature du candidat est enregistrée.

L’association de financement électorale ne doit pas être confondue avec un parti ou groupement politique, un comité de soutien, une association de financement d’un parti ou groupement politique agréée par la commission. Son objet est spécifique, son existence limitée, et elle agit exclusivement au nom et pour le compte du candidat qui bénéficie de son concours.

Ils doivent disposer de la capacité civile pour contracter librement, régler les dépenses et encaisser les recettes de la campagne.

Le mandataire financier, personne physique, ou le trésorier de l’association de financement électorale ne doit être frappé d’aucune interdiction bancaire de nature à faire obstacle aux conditions d’ouverture et de fonctionnement d’un compte bancaire.

Le mandataire encourt une responsabilité civile en raison des fautes qu’il commettrait dans la gestion financière des opérations qui lui sont confiées non seulement dans ses relations avec les tiers, mais aussi vis-à-vis du candidat.

La responsabilité pénale du mandataire peut également être engagée dès lors que celui-ci concourt à la réalisation des infractions visées aux articles R. 94-1 et L. 113-1 du Code électoral.

Le mandataire financier, personne physique, ou l’association de financement électorale ne peut être commun à plusieurs candidats pour une même élection. Les mêmes personnes physiques peuvent être membres de différentes associations de financement.

Dans le cadre d’un scrutin uninominal ou de liste, les candidats, suppléants ou colistiers ne peuvent assurer la fonction de mandataire financier pour leur propre campagne électorale. De même, ils ne peuvent être membres de l’association de financement créée pour leur campagne électorale.

1.2 Le rôle du mandataire financier

Le mandataire sera chargé, pendant la période de financement de la campagne électorale, de percevoir tous les fonds nécessaires à la campagne. Il doit également payer toutes les dépenses de campagne, hormis celles prises en charge directement par les partis politiques ou les concours en nature.

Le candidat doit retracer l’ensemble des dépenses et des recettes dans un compte de campagne qu’il doit adresser avec les pièces justificatives à la commission avant 18 heures, le neuvième vendredi suivant le tour de scrutin où l’élection a été acquise. Ce compte doit être préalablement visé par un expert-comptable, à l’exception des comptes ne présentant ni dépense, ni recette. Dans ce cas, une attestation du mandataire signée par ce dernier suffit et doit être jointe au compte de campagne

Le mandataire ou le trésorier de l’association doit ouvrir un compte bancaire, la personne physique, dispose seul de la signature sur ce compte.

À l’exception du libellé spécifique, le compte courant fonctionne comme tout compte bancaire mettant en relation la banque et son titulaire pour permettre la réalisation d’opérations financières avec des tiers.

Il n’y a pas de plafond légal des recettes totales encaissées par le mandataire. Elles peuvent excéder le montant du plafond légal des dépenses, notamment en raison des dons perçus des personnes physiques ou des contributions définitives des partis politiques qui apportent leur soutien financier au candidat.

La tenue d’une comptabilité doit permettre d’établir le compte de campagne et ses annexes. À cet égard, le mandataire doit tenir une main courante journalière qui retrace :

a) les dépenses payées au jour le jour identifiées par le numéro des factures et les références du moyen de paiement, le bénéficiaire du règlement, la date, le montant réglé, la rubrique d’imputation au compte de campagne (les prestations figurant sur une même facture ne peuvent faire l’objet d’imputations comptables différentes ; la prestation principale détermine la rubrique d’imputation comptable de la facture) ;

b) les recettes encaissées au jour le jour : date du versement, mode de versement, origine de la recette, rubrique d’imputation.

Le compte bancaire du mandataire doit être clos au plus tard trois mois après la date de dépôt du compte de campagne.

Les moyens de paiement attachés au compte (carnets de chèques ou carte de crédit à débit immédiat) doivent être restitués à l’organisme financier et n’ont pas à être adressés à la commission.

Changement de mandataire :

En application de l’article L. 52-7 du Code électoral, un candidat ne peut recourir en même temps, pour une même élection, à une association de financement électorale et à un mandataire financier.

Il peut recourir successivement à deux ou plusieurs mandataires, personne physique ou association de financement.

Le candidat doit :

– mettre fin par écrit aux fonctions du mandataire, personne physique, ou de l’association de financement ;

– informer la préfecture ;

– informer l’établissement teneur du compte bancaire ouvert par le mandataire en demandant le blocage du compte jusqu’à désignation du successeur.

Le mandataire précédent doit :

– établir le compte de sa gestion qui sera remis au candidat pour être annexé à son compte de campagne ;

– remettre au candidat l’ensemble des pièces justificatives des opérations réalisées.

Le nouveau mandataire doit :

– être déclaré en préfecture ;

– recevoir les moyens de paiement;

– tenir compte des recettes encaissées et des dépenses réglées ou restant à régler.

2 – Financement électoral

Pour les élections générales, la période de financement est d’une année ; elle débute le premier jour du douzième mois précédent le premier jour du mois de l’élection.

Dans le cas d’élections partielles, la désignation du mandataire et sa déclaration en préfecture peuvent intervenir dès l’événement qui rend cette élection nécessaire

2.1 Le plafonnement des dépenses électorales

L’article L. 52-11 du Code électoral détermine, pour les dépenses autres que celles de la campagne officielle (article R. 39 du Code électoral), en fonction de la population de la circonscription (à l’exception de l’élection des représentants au Parlement européen), le plafond légal applicable aux élections, majoré d’un coefficient réactualisé par décret tous les trois ans.

Le plafond légal englobe non seulement les dépenses effectuées par le mandataire, mais aussi celles réglées directement par les candidats, les partis politiques ou les tiers, et les divers concours en nature dont a bénéficié le candidat.

Il y a différentes Règles de calcul par type d’élections  par exemple pour les élections législatives

Le plafond est fixé à 38 000 euros par candidat, il est majoré de 0,15 euros par habitant de la circonscription et d’un coefficient majorateur fixé à 1,26 par le décret n° 2008-1300 du 10 décembre 2008. Pour les autres élections, il suffit de se rendre sur le site du cnccfp et regarder le guide du candidat et mandataire.

Le dépassement de plafond peut entraîner le rejet du compte. Après décision définitive du juge de l’élection et décision de reversement prise par la commission, le candidat doit verser au Trésor Public une somme égale au montant du dépassement constaté.

Il s’agit d’une sanction administrative personnelle à caractère pécuniaire.

Le compte bancaire du mandataire retrace les seules opérations financières exécutées par celui-ci.

Le compte de campagne retrace les opérations complémentaires, en dépenses et en recettes, qui sont, soit :

– des opérations ayant donné lieu à un mouvement financier mais qui n’ont pas transité par le compte bancaire du mandataire : il s’agit des dépenses prises en charge par les partis ou groupements politiques qui ont apporté leur soutien au candidat et des menues dépenses payées directement par le candidat ou des tiers

– des opérations n’ayant pas donné lieu à mouvement financier ou des opérations simplement évaluées : il s’agit des concours en nature imputables au compte de campagne.

Le compte de campagne doit être en équilibre ou excédentaire et ne peut présenter un déficit. L’inobservation de cette règle entraîne en principe le rejet du compte.

Deux hypothèses sont à envisager :

– soit le candidat décide de ne pas déposer officiellement sa candidature,

– soit le candidat retire officiellement sa candidature dans le délai légal prévu par le Code électoral.

Si le candidat qui a déclaré un mandataire financier retire officiellement sa candidature, le mandat prend fin immédiatement.

Le candidat n’est pas tenu au dépôt d’un compte de campagne, dès lors que son retrait de candidature a été enregistré dans les formes et conditions prévues par la loi. La commission n’a pas compétence pour examiner le compte de campagne éventuellement déposé.

En cas de fusion des listes :

Ce cas de figure concerne uniquement les scrutins de liste, à savoir les élections régionales et municipales.

Le candidat qui conduit la liste fusionnée était déjà à la tête d’une liste avant le premier tour.

2 comptes sont à déposer :

1er compte : compte de la liste absorbée retraçant les dépenses et les recettes de cette liste jusqu’au premier tour.

– Le plafond à prendre en compte est celui prévu pour les listes présentes au premier tour (cas des élections municipales).

2e compte : compte de la liste retraçant les dépenses et les recettes de la liste absorbante jusqu’à la date du premier tour et de la liste fusionnée entre les deux tours.

– Le plafond à prendre en compte est celui prévu pour les listes présentes au second tour (cas des élections municipales).

Un seul mandataire demeure pour le second tour.

Nota : Pour les élections régionales, un seul et même plafond est applicable pour les deux tours.

Le compte bancaire du mandataire retrace les seules opérations financières exécutées par celui-ci.

Le compte de campagne retrace les opérations complémentaires, en dépenses et en recettes, qui sont, soit :

– des opérations ayant donné lieu à un mouvement financier mais qui n’ont pas transité par le compte bancaire du mandataire : il s’agit des dépenses prises en charge par les partis ou groupements politiques qui ont apporté leur soutien au candidat et des menues dépenses payées directement par le candidat ou des tiers

– des opérations n’ayant pas donné lieu à mouvement financier ou des opérations simplement évaluées : il s’agit des concours en nature imputables au compte de campagne.

Le compte de campagne doit être en équilibre ou excédentaire et ne peut présenter un déficit. L’inobservation de cette règle entraîne en principe le rejet du compte.

2.2 Procédures de la commission et remboursement du candidat :

L’instruction menée par la commission sur les comptes de campagne doit se faire dans le respect du principe de la contradiction. Ainsi, le candidat est averti des observations et des sanctions éventuelles qu’il encourt et est mis en mesure d’apporter toutes les précisions et justifications complémentaires qu’il juge utiles.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, autorité administrative indépendante, composée de neuf membres (trois membres de la Cour des comptes, trois membres du Conseil d’État, trois membres de la Cour de cassation), contrôle les comptes des candidats et arrête le montant du remboursement forfaitaire de l’État.

La commission prend des décisions d’acceptation, éventuellement après réformation (La réformation consiste à modifier des éléments déclarés au compte par le candidat afin de les rendre conformes avec les dispositions du Code électoral), ou de rejet. Le rejet du compte vient sanctionner la violation d’une formalité substantielle ou une irrégularité particulièrement grave. Dans ce cas, la commission saisit le juge de l’élection. Elle constate également l’absence de dépôt d’un compte ou son dépôt hors délai.

En cas de décision de rejet, de constatation d’absence de dépôt ou de dépôt hors délai, la commission doit saisir le juge de l’élection appelé à se prononcer sur l’inéligibilité ou non du candidat. En application de l’ordonnance n° 2003-1165 du 8 décembre 2003, la commission arrête également le montant du remboursement forfaitaire de l’État. Si le compte de campagne présente un solde positif ne provenant pas de l’apport personnel du candidat, celui-ci doit procéder à une dévolution du montant correspondant soit à une association d’utilité publique, soit à une association de financement d’un parti politique.

Les dépenses de campagne officielle, réglementées par l’article R. 39 du Code électoral (bulletins de vote, professions de foi, affiches), sont prises en charge par l’État pour tous les candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés (3 % pour les élections des représentants au Parlement européen et territoriales de Polynésie française), et ayant utilisé du papier de qualité écologique, dans la limite du plafond des frais de campagne officielle. Si le candidat fait une subrogation, la préfecture règle directement ces frais à l’imprimeur ; en l’absence de subrogation, la préfecture rembourse le candidat sur justificatifs.

Le contentieux de l’éligibilité

Le contentieux de l’éligibilité

Yves Lamartres

Le contentieux de l’éligibilité

Dans un cadre démocratique, le peuple est souverain. Ainsi, sauf cas particuliers, tous les citoyens sont des électeurs et tous peuvent être élus. Briguer une charge élective est une dignité. Si elle s’accompagne de droits et de protections juridiques, elle impose, en contrepartie, une honnêteté et une impartialité absolue à l’élu représentant le corps électoral. Corps qui, par la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen de 1789, peut vérifier à tout moment les activités de ses représentants.

Jusqu’en 1958, c’était le Parlement qui était le seul juge de l’élection de ses membres. Or, cette situation était problématique et singulière : En effet, les parlementaires étaient, de fait, juges et parties. Au cours des troisièmes et quatrièmes Républiques, pour reprendre l’expression de Jean-Louis Debré, il se produisit des « abus flagrants ».

Ainsi, lors des élections législatives de 1956, l’UFF (Union et Fraternité Française) de Pierre Poujade obtint 52 sièges au Palais Bourbon. Mais, le 15 février suivant, 20 députés de ce groupe, certes populistes mais régulièrement élus, furent destitués sans motif sérieux, ce qui provoqua dans l’hémicycle de très violents incidents.

La Constitution de la Cinquième République entendit renforcer le contrôle démocratique des élections en confiant les contentieux de l’éligibilité à des instances autonomes du Parlement :

–         Le Conseil Constitutionnel vérifie la légalité des élections nationales et des référendums.

–         Pour les élections municipales, cantonales et régionales, c’est la juridiction administrative avec le tribunal administratif et le Conseil d’Etat en dernier ressort qui statuent.

A Etre éligible repose sur certaines conditions juridiques.

– Etre effectivement candidat !

Ce cas ne se pose que dans le cadre des élections municipales pour les très petites communes (- de 2500 hab.) où on peut ajouter des noms aux listes. Si une personne non candidate est élue quand même, elle peut soit accepter la charge, soit la décliner.

– Etre de nationalité française.

En dehors de cas particuliers (élections européennes et municipales), seuls les citoyens français peuvent se présenter. La loi ne distingue pas les individus qui ont obtenu la citoyenneté par transmission ou par acquisition.[1]

– Disposer effectivement du droit de vote.

Les personnes placées sous tutelle par un juge ne peuvent voter que si celui-ci accepte de les laisser faire[2]. De même certaines condamnations civiles ou pénales sont assorties de mesures d’inéligibilité.[3]

– Etre en règle vis-à-vis des obligations militaires en vigueur.[4]

– Etre inscrit sur la liste électorale dressée par la municipalité.

Désormais, les jeunes gens atteignant l’âge de 18 ans sont inscrits d’office sur la liste électorale de la commune de leur domicile. [5]

Dans tous les autres cas, il faut faire la démarche personnelle de s’inscrire sur la liste électorale avant le 31 décembre de l’année civile pour pouvoir voter et se présenter l’année suivante. Outre les obligations susmentionnées, pour être électeur et éligible dans une commune, il faut y vivre depuis au moins six moins afin de prouver son « attachement » à celle-ci.[6]

– Avoir l’âge requis pour briguer le mandat désiré.

On devient citoyen de plein droit à 18 ans[7]. Dès cet âge, on peut, théoriquement, être élu maire ou conseiller municipal, conseiller général ou régional ou encore député européen.

Mais, certaines mandatures nécessitent un âge minimal : Ainsi, on ne peut devenir député[8] ou Président de la République qu’à partir de 23[9] ans et sénateur qu’à partir de 30[10] ans.

Ne pas exercer certaines professions incompatibles avec la mandature briguée.

Ainsi, les agents communaux, les préfets, les salariés d’un centre communal d’action social ne peuvent pas se présenter aux Elections Municipale de la ville dont ils ressortent[11].

Dans le cadre d’élections parlementaires, des hauts fonctionnaires, comme les juges ne peuvent prétendre à briguer le poste de député ou de sénateur[12]. Il en va de même pour certaines professions libérales [13] (chef d’entreprises, par exemple).

Déposer en temps et en heure une déclaration patrimoniale pour les élections présidentielles et parlementaires.[14]

Respecter les règles en matière de financement de la campagne électorale.

Afin d’éviter certaines dérives, concernant des financements occultes et illégaux (détournement de fonds publics ou « cadeaux » en espèce de riches et intéressés contributeurs), la loi française s’est considérablement endurcie en imposant une transparence absolue au financement des campagnes électorales.

Ainsi, la loi du 1er mars 2007 renforça, davantage encore, les textes de 1990 et de 1995.

À cette date tous les candidats doivent comptabiliser l’ensemble des recettes perçues et des dépenses effectuées pour effectuer leur campagne[15]. Ne pouvant manipuler l’argent eux-mêmes, ils doivent désigner un mandataire financier pour cela[16]. De même, les dépenses électorales sont plafonnées[17] afin d’assurer une plus grande équité entre candidats. Les comptes établis par le mandataire financier sont obligatoirement transmis à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques[18].

Dans le cadre des élections présidentielles, le candidat doit disposer de 500 « parrainages » d’élus.[19]

Ces parrainages doivent venir d’au moins trente départements ou collectivités d’outre mer différents, sans que plus d’un dixième d’entre eux soit issu du même département ou de la même collectivité d’outre-mer. Un élu ne peut présenter qu’un seul candidat quelque-soit le nombre de ses mandats.

Pendant la durée de la campagne électorale proprement dite, il existe des règles strictes à suivre en termes de « propagande électorale » [20] :

– Les réunions ou distributions de prospectus sont autorisés jusqu’à la veille du scrutin

– Chaque candidat dispose du même nombre de panneaux d’affichage et du même modèle de profession de foi (envoyée aux électeurs) que ces concurrents.

– Pendant la campagne, les médias (radios et télévisuels) doivent accorder un temps de parole équivalent à chaque candidat : Ces dispositions sont vérifiées par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.

– Il est interdit de diffuser et de commenter des sondages d’opinion à partir de la veille du scrutin.

B. Les natures des contentieux électoraux.

Le contentieux, pour les élections nationales, est du ressort du Conseil Constitutionnel :

– Avant le scrutin, dans le cadre d’un référendum ou d’une élection présidentielle, le Conseil Constitutionnel est consulté par le gouvernement ainsi que par le CSA sur toutes les mesures concernant l’organisation de l’élection. De plus, le Conseil examine la légalité des décrets convoquant les électeurs. En outre, le Conseil informe citoyens, candidats et médias en mettant à leur disposition l’ensemble des textes réglementaires relatifs à l’élection. Enfin, le Conseil édite le formulaire destiné à recevoir les présentations des candidats, puis il vérifie la légalité de ces « parrainages »

Pendant le scrutin, le conseil, représenté par 1500 magistrats veille à la bonne tenue des élections.

Après le scrutin, le Conseil examine les réclamations et prononce les résultats définitifs des référendums et des élections présidentielles.

–  Pour les élections parlementaires, le Conseil Constitutionnel perd son rôle organisationnel et ne se prononce que sur la légalité d’une élection s’il est saisi par une requête.

Dans quelles circonstances un scrutin national peut-il être annulé ? Quelles procédures accomplir ? Quelles sont les chances pour qu’une telle action aboutisse ?

Un candidat d’une élection parlementaire, s’estimant battu injustement (soit par un mauvais comptage des voix ou un « bourrage d’urne », un citoyen ayant constaté des irrégularités similaires pendant le vote ou/et pendant le dépouillement peuvent déposer un recours d’annulation devant la juridiction compétente dans les dix jours suivant la proclamation des résultats. Mais, les démarches aboutissent rarement, comme le souligne Jean-Louis Debré, « Depuis 1958, la moyenne des élections annulées s’établit à 4 par législature… »[21].

Dans le cadre d’une élection où l’élu dispose d’une avance significative en nombre de voix sur son premier rival, le Conseil considère le plus souvent, malgré des dépôts de requêtes, que ce ne sont pas les quelques irrégularités observées au cours du scrutin qui peuvent modifier le résultat final. Les recours sont donc rejetés quasiment systématiquement et l’élection est validée.

Quand le candidat proclamé élu l’emporte sur son concurrent direct, par moins de 400 voix, soit 1% des suffrages exprimés, on peut considérer que nous sommes dans une marge d’erreur possible, une tangence, qui ne présuppose nullement d’une fraude organisée volontairement mais qui peut désigner comme vainqueur le mauvais candidat.

Le requérant estimant avoir gagné malgré tout peut demander une annulation du scrutin au Conseil Constitutionnel. Mais, il n’obtient satisfaction que dans un nombre infime de cas, ainsi seulement 3 à 4 % des élections sont invalidées par le Conseil Constitutionnel. Dans les faits, 2 élections furent annulées, pour ce motif en 1993 et 22 en 2002.

Par exemple, en 1998, l’élection du député de la 1ere circonscription du Var, Mme Odette Casanova (PS), fut invalidée au vu du trop faible écart de voix avec son rival FN. Elle sera élue définitivement le 20 septembre de la même année.

Des élections peuvent être annulées suite à la découverte de l’inéligibilité d’un candidat. Ainsi, lors des élections législatives de 1973, le député de la première circonscription des Landes, M. André Mirtin fut destitué de son poste, car son suppléant, haut fonctionnaire, était inéligible[22] .

Mais, le principal motif d’invalidation actuel d’une élection parlementaire est la découverte d’irrégularités dans les comptes de campagnes d’un candidat.

Largement ouvertes aux électeurs, les saisines du Conseil en matière électorale ont ainsi vu leur nombre considérablement augmenter. Ainsi, au 4 octobre 2008, le Conseil avait rendu 2710 décisions en matière électorale pour 791 décisions sur le contentieux des normes (dont 565 Décisions de Conformité).

Le Conseil Constitutionnel, saisi par Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, à la demande des citoyens prononce ou non, l’invalidation de l’élection et condamne le fautif à une peine d’inéligibilité et le déclare démissionnaire, s’il y a lieu, de son poste de député.

Comme exemples, lors des législatives de 1993, Christian Estrosi (UMP) fut déclaré inéligible et son élection annulée en raison d’un financement jugé irrégulier. Le candidat Jean-Pierre Pierre-Bloch (UDF) dans la 19eme circonscription de Paris fut destitué pour un motif similaire en 1993.

En conclusion, nous ne pouvons que reconnaître que le contrôle des contentieux électoraux marche parfaitement bien dans notre système démocratique.


[1] Code Electoral, Art. L. 2 (L. n° 74-631 du 5 juillet 1974).

[2] Code Electoral, Art. L. 5 (L. n°  83-1046 du 11 février 2005, art 71, 1°).

[3] Code Electoral, Art. L.7 (L. n° 95-96 du 19 janvier 1995, art.10).

[4] Code Electoral, Art L. 45.

[5] Code Electoral, Art. L. 11-1 (L. n° 97-1027 du 10 novembre 1997).

[6] Code Electoral, Art. L. 11 (L. n° 75-1329 du 31 décembre 1975).

[7] Code Electoral, Art. L. 1-1er.

[8] Code Electoral, Art. L. O. 127.

[9] Loi n°62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel, Article 3, Modifié par Loi organique 2007-223 2007-02-21 art. 10 1° JORF 22 février 2007

[10] Code Electoral, Art. L. O. 296.

[11] Code Electoral, Art. L.237 et L. 237-1.

[12] Code Electoral, Art. L. O. 130-1, 131, 133.

[13] Code Electoral, Art. L. O. 145, 146.

[14] Décret n° 96-763 du 1er septembre 1996 pour les parlementaires. Loi n°62-1292 du 6 novembre 1962, op.cit pour le Président de la République.

[15] Code Electoral, Art. L. 52-4 (ord. n° 2003-1165 du 8 décembre 2003, article 2.).

[16] Code Electoral, Art L. 52-6

[17] Code Electoral, Art. L. 52-11

[18] Code Electoral, Art. L. 52-12

[19] Loi n°62-1292 du 6 novembre 1962, op.cit.

[20] Code Electoral, Art. L. 47, 48 et 49.

[21] Intervention de M. Jean-Louis Debré, Président du Conseil Constitutionnel, à l’occasion de la visite des Juges de la Cour Suprême des Etats-Unis (16 juillet 2007) : Le rôle du Conseil constitutionnel français dans les scrutins nationaux.

[22] Décision 73-686 / 687 du 5 Juillet 1973 émise par le Conseil Constitutionnel.

L’évolution du coût des élections

L’évolution des couts des élections. Christophe Dague

Si la démocratie n’a pas de prix, rien ne nous interdit de s’interresser à son coût. Sujet sensible pour l’opinion, le cout des élections politiques pour l’Etat s’étudie dans une logique de qualité de service et avec toutes les précautions sémantiques nécessaires pour ne pas heurter les citoyens qui pourraient y voir une remise en cause de l’élection. C’est ainsi qu’en introduction d’un audit « sur les dépenses électorales » [1] commandé par le ministère de l’Intérieur à l’Inspection générale de l’Administration (IGA) et le Contrôle général économique et financier (CGEF), les auteurs indiquent dès le second paragraphe de l’introduction que « sur le fond, on pourrait s’interroger pour savoir s’il est judicieux d’apprécier et d’examiner le coût des dépenses électorales de la même façon que celui d’une dépense publique banale. La question se pose d’autant plus qu’aujourd’hui les conditions d’organisation des élections dans notre pays ne sont ni discutées ni critiquées et que tout le monde s’accorde pour dire que ces consultations se passent bien, sans problème ou dysfonctionnement majeur ». Précautions oratoires donc, pour ce rapport qui -selon les termes de la documentation française (qui propose le document en ligne), s’inscrit dans le cadre de « la troisième vague d’audits de modernisation lancés en octobre 2005 dans le cadre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui introduit une démarche de performance, visant à faire passer l’Etat d’une « logique de moyens » à une « logique de résultats »[2].

Pour l’exposé de ce jour sur l’évolution du côut des élections, je propose d’examiner dans un premier temps ce qui constitue le coût des élections pour l’Etat, et dans un deuxième temps les couts globaux des élections notamment à travers la LOLF et la RGPP, et enfin et les évolutions envisagées.

I- Le coût des élections

I-1 : Le remboursement des dépenses de campagne

I-2 : Les dépenses d’affranchissement résultant de l’envoi à chaque électeur de la propagande

I-3 : les dépenses d’organisation engagées par les préfectures et les communes à l’occasion des opérations électorales.

II – Les évolutions

II-1 Le cout global des élections

II-2 Les évolutions

En conclusion

–                      

–                      

Comme nous venons de la voir, Il y a deux moyens de faire des économies significatives sur le cout des élections : soit réduire les montants de remboursement aux candidats, soit tenter de réduire les couts « administratifs ».

La première hypothèse a été envisagée par le ministère de l’Intérieur : « l’effort de rationalisation pourrait concerner l’affichage électoral, la tarification et les conditions de remboursement de la propagande électorale ».  Cependant, en réduisant le montant des remboursements, cela avantagerait les candidats les plus riches. De plus, ce sont les candidats eux-mêmes qui devraient décider cela, ce qui semble peu probable. In fine, ces dispositions qui auraient pu engendrer une économie de 4,75 millions d’euros pour 2011, n’ont pas été retenues.

La deuxième hypothèse, pour que l’économie soit signaficative, rendrait les électeurs inégaux dans l’accès à l’information.

Les autres pistes issues du rapport 2006 sur le cout des élections sont restés sans suite. Les auteurs proposaient des évolutions dans le but de baisser le coût des élections sans pour autant remettre en cause « les principes démocratiques et républicains ».

–                       L’idée d’un « fichier électoral national » était avancée, mais si c’est une réalité au Benin ou au Sénégal, la France ne s’y est toujours pas résolue. Idem pour la passation de marché pour la mise sous pli (procédure moins chere que le paiement des heures suplémentaires aux agents) qui reste de l’initiative des prefectures (la Vienne en a passé un pour les cantonales 2011). Le rapport proposait égaleemnt la généralisation de l’utilisation des machines à voter : elle n’est devenue une réalité que pour 1,5 millions d’électeurs en France et nous avons vu dans un précédent exposé toutes les réserves entourant le vote électronique. Seuls quelques contribuables mécontents [1] -s’indignant de toutes les dépenses publiques telles qu’elles soient- revendiquent l’arrêt de l’envoi de la propagande électorale et la généralisation du vote électronique.

En résumé, toutes les préconisations sont restées sans grands effets et les pistes sérieusement envisagées pour l’avenir sont rares. Nous pouvons donc estimer que le cout moyen des élections par électeur devraient rester stables ces prochaines années.




[1] Ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, Rapport sur les dépenses électorales, établi par C. Valter, D. Laval, R.Gace, JM Fromion, 2006

[2] Site internet de la documentation française, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000656/index.shtml, consulté le 25 décembre 2010.

L’agencement du bureau de vote

Wilfried Diedrich, décembre 2010

L’agencement du bureau de vote (doc)

I. L’agencement des bureaux de vote

Chaque commune est divisée, par arrêté préfectoral, en autant de bureaux de vote que l’exigent les circonstances locales et le nombre d’électeurs. Afin de faciliter le bon déroulement des opérations aux électorales, il est préconisé de ne pas excéder le nombre de 800 à 1 000 électeurs inscrits par bureau.

Les bureaux de vote doivent respecter le principe de neutralité, Tout affichage ou diffusion de messages politiques de nature à perturber le bon déroulement des opérations électorales est proscrit.

Il doit être accessible (art. L. 62-2 du code électoral).

L’agencement des bureaux de vote est le suivant :

– La table de décharge :
Les électeurs prennent sur cette table l’enveloppe et les bulletins de vote qui sont mis à leur disposition. Cette table est généralement placée à l’entrée du bureau de vote.

– La table de vote :
C’est à cette table que siègent les membres du bureau de vote.
Sur cette table sont disposés :

– une seule urne par bureau de vote  dont 4 faces au moins sont transparentes et munies de deux serrures différentes (dont les clefs restent, l’une entre les mains du président, l’autre entre les mains d’un assesseur tiré au sort parmi l’ensemble des assesseurs – art. L. 63 du code électoral) et/ou la machine à voter

– la liste d’émargement

– le code électoral

– l’arrêté ou le décret de convocation des électeurs

– la circulaire ministérielle relative au déroulement des opérations électorales lors des élections au suffrage universel direct

– la circulaire ministérielle relative à l’organisation du scrutin du jour

– la liste des candidats

– une liste comprenant les noms du président du bureau de vote et de son suppléant, ainsi que ceux des assesseurs désignés par les candidats ou les têtes de liste, et éventuellement de leurs suppléants

– la liste des délégués titulaires et suppléants désignés par les candidats ou les têtes de liste pour contrôler les opérations électorales

– les cartes électorales qui n’ont pas été remises au domicile des électeurs

– les enveloppes de centaines

– Les affiches : Doivent être affichés dans chaque bureau de vote :

– dans les communes de plus de 3 500 habitants, un avis rappelant les pièces d’identité que doit présenter l’électeur

– une affiche reproduisant les dispositions du code électoral relative à la liberté et au secret du vote
– éventuellement l’arrêté préfectoral avançant l’heure d’ouverture ou retardant l’heure de clôture du bureau de vote

– Les isoloirs :
Il y a au moins un isoloir pour 300 électeurs inscrits. Ils doivent être placés de telle façon que les opérations électorales ne doivent pas être dissimulées au public (art. L. 62, al.3).

– Les tables de dépouillement :
Elles seront utilisées à la clôture du scrutin. Leur nombre ne doit pas être supérieur à celui des isoloirs (art. L. 65). Elle sont disposées de telle sorte que les électeurs puissent circuler autour.

Information des membres du bureau et des électeurs : Pour assurer un bon déroulement des opérations électorales, doivent par ailleurs être tenus à la disposition des membres du bureau et des électeurs qui en font la demande :

– le code électoral ;

– l’arrêté ou le décret de convocation des électeurs ;

– le cas échéant, l’arrêté du représentant de l’État ayant divisé la commune en plusieurs bureaux de vote ;

– la présente circulaire relative au déroulement des opérations électorales lors des élections au suffrage universel direct ;

– la circulaire ministérielle relative à l’organisation du scrutin du jour ;

– l’extrait du registre des procurations comportant les mentions relatives aux électeurs

du bureau (art. R. 76-1) ;

– la liste des candidats (il s’agit des candidats ou listes de candidats ayant effectué une déclaration de candidature régulièrement enregistrée. Aucune liste ne doit être établie pour les élections non soumises à dépôt obligatoire de candidature) ;

– une liste comprenant les noms du président du bureau de vote et de son suppléant,

ainsi que ceux des assesseurs désignés par les candidats ou les têtes de listes (les assesseurs peuvent aussi être désignés par des mandataires des listes spécialement habilités.) et, éventuellement, de leurs suppléants ;

– la liste des délégués titulaires et suppléants désignés par les candidats ou les têtes de

listes pour contrôler les opérations électorales ;

– Les affiches : Doivent être affichés dans chaque bureau de vote :

– dans les communes de plus de 3 500 habitants, un avis rappelant les pièces d’identité que doit présenter l’électeur

– une affiche reproduisant les dispositions du code électoral relative à la liberté et au secret du vote
– éventuellement l’arrêté préfectoral avançant l’heure d’ouverture ou retardant l’heure de clôture du bureau de vote

SOURCES :

http://www.interieur.gouv.fr

droit électoral – Bernard Maligner – ellipses

Circulaire ministérielle NOR INT/A/07/00123/C du 20 décembre 2007 relative au déroulement des opérations électorales lors des élections au suffrage universel direct

Mémento pratique à l’usage des

II. Accessibilité du processus électoral aux personnes handicapées

La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées fait obligation d’aménager les locaux de vote afin de les rendre accessibles aux personnes handicapées.

Le cas échéant, des aménagements provisoires ou permanents des locaux de vote doivent être réalisés afin que les personnes handicapées, notamment celles qui se déplacent en fauteuil roulant, puissent y pénétrer et y circuler de façon autonome (art. D. 56-1).

II.1. L’accessibilité du bureau de vote

Qu’il s’agisse des établissements scolaires, des mairies ou de tout autre lieu ouvert au public, les lieux de vote sont fixés par arrêté préfectoral. Il appartient donc au Préfet, ainsi qu’au Maire, qui a la compétence sur les locaux, de tout mettre en oeuvre afin que l’ensemble des bureaux permette le vote des personnes en situation de handicap comme tout un chacun.

Le choix de l’emplacement du bureau est un facteur essentiel pour permettre aux électeurs à mobilité réduite, d’exercer leur devoir civique. Ils doivent être localisés dans un environnement accessible (voirie, stationnement, transports collectifs, etc.) pour permettre à chacun de s’y rendre en toute autonomie. En effet, l’inaccessibilité des bureaux de vote peut avoir des effets dissuasifs pour les citoyens en situation de handicap.

Il est donc nécessaire de privilégier exclusivement des bâtiments dont l’accès est de plain-pied ou, à défaut, de prévoir des aménagements pour compenser les ruptures de niveaux. Ils peuvent se traduire par l’implantation d’un plan incliné dont la pente sera la plus douce possible et en tout état de cause inférieure à 5% et d’une largeur de passage d’au moins 1,40 m. Des paliers de repos horizontaux sont indispensables en haut et en bas de ce plan incliné.

En outre, cet aménagement devra être complété par un garde-corps préhensible afin d’améliorer la sécurité et l’autonomie des personnes à mobilité réduite.

Les personnes handicapées doivent accéder aux lieux de vote par la même entrée que les autres personnes.

Les Mairies pourront éditer un document récapitulant l’accessibilité mise en place pour les opérations de vote dans leur commune : transports accessibles jusqu’au bureau de vote, système mis en place pour le vote des personnes aveugles ou malvoyantes, etc.

II.2. L’accessibilité des opérations électorales

II.2.1. Assurer un vote à bulletin secret

L’isoloir est un équipement indispensable pour garantir le principe du vote à bulletin secret. Encore faut-il pouvoir y accéder. Les aménagements doivent donc prendre en compte les besoins des personnes en situation de handicap notamment celles circulant en fauteuil roulant.

Cela se traduit par une zone d’approche libre de tout obstacle de 0,80 m x 1,30 m devant les équipements tels que tablettes et urnes, ainsi qu’à l’intérieur des isoloirs.

Par ailleurs, le rideau doit descendre en dessous de la hauteur de la tablette. Enfin, les cheminements devront être sans obstacle et sans rupture de niveau.

La hauteur des tables ou tablettes sera de 0,70 m minimum en sous-face et de 0,80 m maximum en face supérieure.

La loi du 11 février 2005 précise que les personnes handicapées doivent pouvoir voter de façon autonome, quel que soit leur handicap. Ses textes d’application précise que le président du bureau de vote prend toute mesure utile afin de leur faciliter ce droit.

II.2.2. Les techniques de vote

Il est indispensable de faciliter l’exercice du droit de vote en veillant à ce que l’ensemble des techniques utilisées telles que les urnes ou les machines de vote électronique soient utilisables en toute autonomie.

Il conviendra donc de veiller à ce que la hauteur de la fente de l’urne ainsi que celle des commandes des machines de vote électronique ne soient pas supérieures à 0,80 m.

Pour permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes d’apposer leur signature à l’emplacement prévu à cet effet sur les feuilles d’émargement, un guide signature à couleur contrastée (fenêtre sur une petite règle plastifiée), peut-être très utile.

Tous ces éléments favoriseront l’exercice de la citoyenneté, n’excluant ni les personnes en position assise ni celles de petite taille. La fatigabilité des personnes handicapées peut également être anticipée en prévoyant des chaises facilement disponibles.

Références législatives

1 – La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation

et la citoyenneté des personnes handicapées, (disponible sur www.legifrance.gouv.fr) dont

notamment les articles :

• 1er : définition du handicap ;

• 41 : accessibilité du cadre bâti ;

• 47 : accessibilité des services de communication publique en ligne ;

• 72 et 73 : exercice du droit de vote ;

• 74 : accessibilité des programmes télévisés ;

• 75 : reconnaissance de la Langue des Signes Française.

2 – Code électoral

Article L57-1

Des machines à voter peuvent être utilisées dans les bureaux de vote des communes de plus de

3 500 habitants figurant sur une liste arrêtée dans chaque département par le représentant de

l’État.

Les machines à voter doivent être d’un modèle agréé par arrêté du ministre de l’Intérieur et

satisfaire aux conditions suivantes :

• comporter un dispositif qui soustrait l’électeur aux regards pendant le vote ;

permettre aux électeurs handicapés de voter de façon autonome, quel que soit leur

handicap ;

• permettre plusieurs élections de type différent le même jour à compter du 1er janvier 1991 ;

• permettre l’enregistrement d’un vote blanc ;

• ne pas permettre l’enregistrement de plus d’un seul suffrage par électeur et par scrutin ;

• totaliser le nombre des votants sur un compteur qui peut être lu pendant les opérations de

vote ;

• totaliser les suffrages obtenus par chaque liste ou chaque candidat ainsi que les votes blancs,

sur des compteurs qui ne peuvent être lus qu’après la clôture du scrutin ;

• ne pouvoir être utilisées qu’à l’aide de deux clefs différentes, de telle manière que, pendant

la durée du scrutin, l’une reste entre les mains du président du bureau de vote et l’autre entre

les mains de l’assesseur tiré au sort parmi l’ensemble des assesseurs.

Article L62-2

Les bureaux et les techniques de vote doivent être accessibles aux personnes handicapées, quel que soit le type de ce handicap, notamment physique, sensoriel, mental ou psychique, dans des conditions fixées par décret.

3 – Décret n° 2006-1287 du 20 octobre 2006 relatif à l’exercice du droit de vote par les personnes handicapées

Le Premier ministre,

Sur le rapport du ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire,

Vu le code électoral, notamment son article L. 62-2 ;

Vu la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ;

Vu l’avis du Conseil national consultatif des personnes handicapées en date du 16 mai 2006,

Décrète :

Article 1

Après l’article R. 56 du code électoral, il est inséré trois articles D. 56-1 à D. 56-3 ainsi rédigés :

« Art. D. 56-1. – Les locaux où sont implantés les bureaux de vote doivent être accessibles, le jour du scrutin, aux personnes handicapées, quel que soit leur handicap. Les personnes handicapées, notamment celles qui se déplacent en fauteuil roulant, doivent pouvoir, dans des conditions normales de fonctionnement, y pénétrer, y circuler et en sortir, le cas échéant au moyen d’aménagements provisoires ou permanents. »

« Art. D. 56-2. Les bureaux de vote doivent être équipés d’au moins un isoloir permettant l’accès des personnes en fauteuils roulants. »

« Art. D. 56-3. – Les urnes doivent être accessibles aux personnes en fauteuils roulants. »

Article 2

Après l’article R. 61-1 du code électoral, il est inséré un article D. 61-1 ainsi rédigé :

« Art. D. 61-1. – Les techniques de vote doivent être accessibles aux personnes handicapées, quel que soit le type de ce handicap. Le président du bureau de vote prend toute mesure utile afin de faciliter le vote autonome des personnes handicapées. »

Article 3

Le ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, le ministre de la santé et des solidarités, le ministre de l’outre-mer et le ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Bibliographie

Fiche pratique de l’APF « pour une accessibilité totale des bureaux de vote », s’adresser à l’APF :

tél. 01 40 78 69 00

Guide de la délégation ministérielle à l’accessibilité : « organiser une réunion accessible à tous »,

à télécharger sur :

www2.equipement.gouv.fr/Accessibilite/dma/reunionaccess.pdf

Recommandation du CSA du 7 novembre 2006, à consulter sur :

www.csa.fr/infos/textes/textes_detail.php?id=120409

Guide de la Délégation interministérielle aux Personnes handicapées : « Définition de l’accessibilité »,

à télécharger sur :

www.handicap.gouv.fr

Guide « Vivre ensemble, guide des civilités, à l’usage des gens ordinaires » :

Sites ressources :

CIDEM – Civisme et Démocratie – www.cidem.org

CSA – Conseil Supérieur de l’Audiovisuel – www.csa.fr

Éditions Dicom 07029 Février 2007

Délégation Interministérielle aux Personnes Handicapées (DIPH)

14, avenue Duquesne – 75350 Paris 07 SP

Tél. : 01 40 56 68 48 – Fax : 01 40 56 68 20

Le vote blanc

Exposé de Dominique PAUVERT-ROPARS

6 décembre 2010

Le vote blanc

Bibliographie :

Code électoral
Rapport fait au nom de la commission des lois sur la proposition de loi n°501 tendant à la
reconnaissance du vote blanc aux élections par monsieur Vignoble, député, du 23 avril 2003
Droit constitutionnel MA Cohendet 4ème édition Montchrestien
Centre analyse stratégique : Analyse du vote blanc du 2 avril 2007
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/documentationpublications/dossiers-thematiques
http://www.auvergne.pref.gouv.fr/pdf/circulaires/Circulaire_deroulement_scrutin.pdf
http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/participation/voter/droitvote/abstention-vote-blanc-vote-nul-quelles-differences.html
http://www.mediapart.fr/club/blog/denis-meriau/010410/le-vote-blanc-retro-debat-2003-1-pour-ou-contre-la-reconnaissance
http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/vote_blanc.asp
http://liberalite.20minutes-blogs.fr/archive/2010/03/17/histoire-et-analyse-du-vote-blanc.html

Les machines à voter

Clément Descamps. Novembre 2010

Machines a voter – 20101204 (version PDF : Les machines à voter – 20101204)

Introduction

1.Le vote électronique en droit français

1.1.Le vote électronique dans la loi

1.1.1.Le code électoral

1.1.2.L’agrément des machines à voter

1.2.L’arrivée de la machine à voter dans le droit français

1.3.Le vote électronique à l’épreuve des présidentielles de 2007

2.Les avantages réels et prétendus du vote électronique

2.1. Le temps

2.2. Le coût

2.3. L’environnement

2.4. L’avis des communes

3.Les lourdes critiques contre les machines électroniques

3.1. Le temps et le coût

3.2. De nouveaux problèmes liés au vote électronique

3.3. La sécurité du vote et la sincérité du scrutin

3.3.1. L’absence totale de contrôle du scrutin

3.3.2. Le piratage à portée de main

3.3.3. Et en vrai ? Les Etats-Unis en exemple

3.4. Une technologie intrinsèquement fragile

Conclusion